| |
À la question: En quoi consiste le soufisme?, un soufi
répondit:
Ce que tu as en tête, abandonne-le.
Ce que tu as en main, donne-le.
Ce qui t’advient, ne l’esquive pas.
Le soufisme n’est ni une école, ni une doctrine, c’est
un état d’être. Il constitue le cœur de l’Islam.
C’est aussi une science qui est tout entière contenue
dans les cœurs, là où elle demeure pure connaissance
et pure lumière. C’est pourquoi les mots prononcés
ou écrits à son sujet ne peuvent, au mieux, que ponctuer
l’indicible dont ils ne sont que la trace visible. S’ils évoquent
ou font résonner en nous cette dimension du Mystère,
ils auront atteint leur but, celui d’être un rappel, une
mention ou un souvenir de l’Esprit qui nous habite.
Depuis quelques décennies, le soufisme suscite un intérêt
croissant dans le monde occidental auquel il s'est progressivement
révélé, notamment par les traductions de poèmes,
de contes ou de témoignages, l'évocation de soufis à la
destinée remarquable comme Ibn Arabi, Rûmi ou l'émir
Abdel Qader, les travaux universitaires mettant en lumière certains
aspects doctrinaux ainsi que les rapprochements qui ont pu être établis
avec les principales traditions et philosophies du monde (kabbale,
taoïsme, platonisme, hindouisme, bouddhisme).
En effet, l’universalité et l’ouverture d’esprit
dont la tradition soufie est porteuse interpelle et touche particulièrement
le public occidental.
Souvent incompris de certaines autorités formalistes ou rigoristes
dans l’islam, les soufis (celles et ceux qui cheminent sur la
voie soufie) vivent leur engagement avec humilité, simplicité et
discrétion, dans le respect de la pluralité de pensées
et de la diversité des chemins. Cette pluralité témoignant, à leurs
yeux, de la richesse de l’humanité.
|